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Les prairies de marais, une ressource écologique et pastorale
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Valorisation des produits marais | Les prairies de marais, une ressource écologique et pastorale | Activités aquacoles extensives en marais
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La diversité des prairies de marais

|  | On estime que les marais atlantiques, d'une superficies de 300 000 ha, comptent au moins 200 000 ha en prairies. Ces dernières sont de faciès variés. - Les prés salés ou Mizotte, submergés par l’eau de mer lors des marées hautes de grand coefficient, comme en baie de Somme, en baie du Mont-Saint-Michel ou en baie de l’Aiguillon; - Les prairies de marais salés, bordées par des fossés où circule l’eau de mer, sont de petite dimension, souvent en lanière le long dfes canaux; - Les prairies des marais mouillés, bordées ou non par des haies bocagères. Submergées durant de longs mois par l’eau douce des bassins versants, elles se développent sur des sols plus humifères. Dans certains secteurs, elles ne sont accessibles que par voie d'eau. - Les prairies de marais desséchés, bordées par des fossés où circule l’eau douce, peuvent atteindre de grande surface et offrent une géométrie régulière. Parmi celles-ci, on trouve les prairies d’anciens marais salants, qui présentent un profil topographique très marqué (jas, bossis). |
Des prairies aux multiples fonctions écologiques

|  | Richesse floristique
La végétation des prairies de marais recouvre plus d’une cinquantaine d’espèces qui sont caractéristiques de ces milieux et pour certaines, particulièrement remarquables pour leur rareté. Elles sont sous l’influence de deux facteurs principaux des marais littoraux atlantiques : la teneur en sel des sols et le degré d’humidité. Ces espèces s’associent entre elles, créant des « communautés végétales » adaptées à ces caractéristiques pédo-climatiques. On distingue trois grands types de communautés : - mésophile (les zones rapidement ressuyées au printemps), - hygrophile (les zones de stagnation prolongée de l’eau), - et les zones méso-hygrophiles (intermédiaire entre les deux premières, elles sont régulièrement inondées et exondées). Ainsi, pour les différentes catégories de marais et selon la micro-topographie des parcelles qui conditionne l’hydromorphie et la salinité, ces communautés et les espèces qui les composent seront plus ou moins présentes sur les parcelles. Les pratiques agricoles, et plus particulièrement, la fertilisation azotée et la pression de pâturage, influencent également la dynamique des espèces végétales.
 Richesse faunistique
La végétation offre des ressources alimentaires et un habitat pour de nombreuses espèces animales sauvages, notamment les oiseaux. Le pâturage, facteur déterminant du point de vue de la biodiversité prairiale, conditionne la présence ou l’absence de niches environnementales favorables à certaines espèces animales : les parcelles de fauche créent une végétation haute durant le printemps, les parcelles en pâturage tournant créent une végétation rase homogène alors que le pâturage continu génère une hétérogénéité des hautes d’herbes. Exemples : Le vanneau huppé (Vannelus vanellus) ; cet oiseau affectionne particulièrement les prairies assidûment pâturées. Un pâturage soutenu est favorable au chevalier gambette (Tringa totanus), oiseau emblématique du Marais Breton. Fonction d’épuration des eaux et d’épandage de crues. Les prairies de marais, à l’inverse des champs cultivés, peuvent supporter des submersions hivernales plus ou moins prolongées sans que cela altère considérablement la production ou la qualité d’herbe. Elles peuvent donc jouer un rôle non négligeable dans l’épandage des crues, en ralentissant les afflux d’eau en provenance des bassins versants. De même, selon le temps de résidence de l’eau sur la prairie, des processus d’épuration peuvent réduire de manière significative la teneur des eaux en polluants. Toutefois il ne faut pas négliger les préjudices que peut apporter une inondation quand elle arrive au moment de l’exploitation de la prairie par le pâturage et la fauche.
La prairie de marais joue donc un rôle de régulation et d’épuration des eaux avant leur arrivée dans la mer. Ces fonctions dépendent fortement des aménagements et de la gestion hydrauliques : seuls les marais mouillés connaissent régulièrement des inondations de quelques semaines. Dans les marais desséchés, ce sont les connexions hydrauliques fossé – parcelle, et donc les niveaux d’eau dans les fossés, qui provoquent des submersions partielles des zones les plus basses.
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Les valeurs fourragères des prairies

|  | La productivité d’herbe en marais est très variable entre années et entre parcelles Les caractéristiques de la prairie de marais (hauteurs d’herbe, production de graines, proportion de feuilles et de tiges, etc.) dépendent de la composition botanique et de leur stade de développement. Elles sont surtout influencées par les conditions climatiques de l’année (qui influencent la vitesse et la vigueur de pousse de l’herbe) et par les pratiques d’élevage. La production d’herbe est la plus élevée dans les marais humifères et dans les marais côtiers, comme par exemple ceux de la Manche (marais du Cotentin et du Bessin), où les pluies d’été assurent une croissance de l’herbe jusqu’à l’automne. Elle est la plus faible dans les marais desséchés ou salés de la façade atlantique (marais de Rochefort), car l’herbe n’y pousse que du mois de mars au mois de juin. La production varie ainsi de 2 à 4 tonnes de matière sèche par hectare. La fertilisation azotée permet d’améliorer cette production. La réponse à la fertilisation varie en fonction des espèces et des conditions climatiques de l’année. La valeur nutritive de l’herbe présente une forte variation saisonnière. Pour la plupart les espèces, les stades de développement successifs (végétatif, montaison, épiaison, fructification, dispersion) entraînent de très fortes variations de la valeur nutritive. Au stade végétatif, la teneur en cellulose est faible, la teneur en azote est forte ainsi que la digestibilité. A partir de la montaison, la valeur nutritive diminue et après l’épiaison elle devient faible, avec peu d’azote, beaucoup de cellulose et une faible digestibilité. Une prairie de marais comporte un grand nombre d’espèces et la diminution de la valeur nutritive des espèces précoces est généralement compensée par des espèces tardives. Cela s’explique par les importants décalages phénologiques entre espèces, à l’exemple du Carex (Carex divisa) qui fleurit dès le mois d’avril, du Jonc de Gérard (Juncus gerardi) au mois de mai et l’Agrostisstolonifera fin juin. Il existe aussi des phénomènes de refus de la part des animaux vis-à-vis de certaines plantes après leur floraison. C’est le cas de Carex divisa et des orges (Hordeum secalinum et Hordeum. maritimum). L’éleveur par la connaissance qu’il a de ses prairies, détermine les modalités de pâturage et la période optimale de fauche en fonction d’un objectif : - contrôler une espèce peu consommée, - produire in maximum de biomasse, - ou encore faire consommer une herbe de meilleure qualité.
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La place de la prairie dans l'activité d'élevage

|  | La prairie remplit plusieurs fonctions pour l’éleveur. Elle permet : - de produire de l’herbe pour la saison de pâturage - de réaliser des stocks fourragers (ensilage, foin) pour l’hiver - de servir de « garage à bestiaux » et de réduire la charge de travail, car les prairies de marais ont des clôtures « naturelles » (les fossés) et limitent les besoins de surveillance.
Ces fonctions varient selon la localisation des parcelles, les élevages et les différentes catégories d’animaux. C’est ainsi que les parcelles éloignées, ou difficiles d’accès sont souvent réservées à la fauche ou au pâturage par des bovins tel que génisses, vaches allaitantes ou vaches de réforme. Les parcelles proches du siège d’exploitation sont plus fréquemment fertilisées et réservées au pâturage des vaches en production dans la cas des systèmes d’élevage laitier. |
L'éleveur, acteur incontournable

|  | Les éleveurs agissent sur les processus écologiques A l’échelle de la parcelle
Une prairie qui n’est plus exploitée par la fauche ou le pâturage se transforme en friche et est progressivement colonisée par des arbustes. Cette fermeture du milieu correspond à un changement d’habitat et réduit la diversité des espèces végétales et animales emblématiques des zones humides. De même, l’assèchement des prairies par des rigoles, le remplacement de la végétation en place par des espèces cultivées (fétuques, ray-grass, luzerne, …) ou les apports de hautes doses de fertilisants modifient les caractéristiques écologiques en les homogénéisant, ce qui réduit la diversité des espèces présentes. A l’échelle des marais
Les modes d’exploitations des prairies qui ont un intérêt écologique se situent entre ces deux extrêmes. Mais ils ne peuvent être raisonnés uniquement à l’échelle de la parcelle : les agriculteurs, en exploitant de manière différente des parcelles contigües, génèrent une hétérogénéité des habitats écologiques à l’échelle des marais. Et les espèces végétales ou animales sauvages n’ont pas toutes les mêmes exigences écologiques. Certaines espèces se développent en prairie plus sèche ou en prairie de fauche alors que d’autres s’adapteront à des conditions plus humides ou aux prairies pâturées. Par exemple, sur le marais de « Ouest du Lay », les limicoles (vanneau huppé, courlis corlieu, barge à queue noire, etc.) se concentrent surtout sur les prairies exploitées par le pâturage. Les éleveurs sont des acteurs importants de la préservation des qualités écologiques des marais Ecologistes et agriculteurs s’accordent pour reconnaître que les prairies de marais correspondent à un milieu artificialisé qui a permis de générer et de maintenir une biodiversité originale. L’objectif principal recherché aujourd’hui est d’augmenter les surfaces en prairies, c’est à dire d’inciter les éleveurs à utiliser plus d’herbe pour produire du lait ou de la viande. L’objectif est aussi, par le biais de mesures dites « agri-environnementales », de définir quels modes d’exploitations permettent de concilier un bon niveau de production avec les qualités écologiques recherchées.
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Implications du Forum

|  | Mettre à disposition l'information
Réalisation d'une liste de références bibliographiques spécifique des documents disponibles au centre de ressources documentaires. Organiser des rencontres techniques
Des travaux scientifiques et techniques relatifs aux valeurs fourragères et écologiques des prairies ont été menés ces dernières années sur divers marais et zones humides de la façade Manche-Atlantique. Il s’avère que ces travaux circulent peu d’un département à l’autre, alors qu’ils intéressent les acteurs chargés de la mise en place des mesures agro-environnementales ainsi que les agriculteurs désireux de contractualiser lesdites mesures. Ces recherches dites “agri-écologiques” consistent à tester différents scénarios de gestion de la prairie en évaluant leur impact agronomique et écologique. Ces analyses doivent pouvoir être mises en perspective avec les éleveurs à l’échelle d’un ensemble de prairies et en lien avec les pratiques de l’exploitation telles que la fauche (date, nombre), le pâturage (chargement, période), la fertilisation (nature, quantité) et l’hydraulique (niveau d’eau, durée d’inondation). Après avoir donné la parole à quelques chercheurs le 10 décembre dernier à Nantes afin de mieux cerner l’état de la recherche sur ces sujets, le Forum des Marais Atlantiques souhaite associer des éleveurs à cette réflexion en organisant une journée d’échanges.
le jeudi 6 mai 2004 de 10h30 à 16h30 au Forum des Marais Atlantiques, à Rochefort.
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