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La deuxième rencontre du Conseil des Marais a eu lieu le 25 novembre à Machecoul en Loire Atlantique à l'initiative d'Hubert de Grandmaison. Nous y avons été chaleureusement accueillis par la mairie. Préparation et déroulement

|  | La préparation de ce Conseil a bénéficié d’une mission d’assistance stratégique menée par Henry Ollagnon, professeur à l’INAPG et spécialiste en stratégie et gestion patrimoniales. Une série d’auditions en France mais aussi en Angleterre et en Espagne a été réalisée en présence de Laure Callens en juillet-août 2002. S’en sont suivis des conseils sur, d’une part les missions prises en charge par le Forum et, d’autre part, l’organisation du Conseil des Marais. Le rapport de cette mission d’assistance est disponible sur demande. Ce travail a été présenté au Comité syndical du 4 octobre 2002. La journée s'est déroulée en deux temps : * Trois tables rondes autour de questions communes aux marais littoraux : la mise en œuvre de Natura 2000, la lutte contre la jussie, la valorisation économique des marais par l’élevage. * Ateliers par famille d'acteurs et mise en communs des travaux.
Vous pouvez retrouver le programme de la journée.
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Introduction du Président, Jean-Claude BEAULIEU

|  | Le docteur Jean-Claude BEAULIEU, vice-président de la Région Poitou-Charentes a ouvert cette journée en un discours introductif.
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Extraits des tables rondes

|  | Autour de NATURA 2000
Le témoignage de nos amis de Haute-Normandie sur le document d’objectif NATURA 2000 du marais Vernier a été très instructif : « L’objectif général de NATURA 2000 est la conservation d’éléments du patrimoine naturel. La France a pris l’option de mettre en place une gestion contractualisée. Les acteurs en sont les propriétaires et les ayant-droits. Le document d’objectif est un outil de planification qui doit faire le lien avec les engagements européens. Il faut y laisser des espaces de respiration car, nous le savons bien, la nature évolue d’année en année. » François Lerat, Directeur de la Diren Haute Normandie « Nous sommes passés d’une défense dure à une participation active ; nous nous sommes mis au travail. Vous avez de la chance, car nous n’avions pas entendu le discours que vous venez d’entendre ; cela aurait facilité notre travail ! » Christian Pelfrène, Président de l’association de défense du marais Vernier « La mise en œuvre, depuis quatre ans, repose sur une fusée à trois étages : l’Etat, l’opérateur (le PNR des Boucles de la Seine Normande) et les bénéficiaires locaux » Thierry Lecomte, Chargé de mission au PNR des Boucles de la Seine Normande
Il est souhaitable de coordonner les différentes démarches de planification :
« Dans une de nos rivières, nous montons de manière conjointe le SAGE et Natura 2000. » F.Lerat
« Les maires n’ont pas la capacité de tout gérer : il faudrait intégrer les débats que nous avons sur Natura 2000 au sein de la Commission Locale de l‘Eau du SAGE du marais breton-baie de Bourgneuf et pour que les Conseils Municipaux du secteur puissent émettre des avis réfléchis et concordants. » A. de la Garanderie, maire de Machecoul Autour de la jussie
A la DIREN des Pays de La Loire, Roland Matrat a présenté le travail de coordination mené avec les gestionnaires, au sein de comités de suivi :
- Connaissance exhaustive rendue visible par synthèse cartographique, possible grâce à l’utilisation de fiches communes de saisie. - Enrichissements mutuels sur les savoirs faire et information pertinente sur la préservation des milieux aquatiques, - Expertise partagée sur les moyens de lutte et leur efficacité. "Dans l'immédiat, on ne cherche pas l'éradication de la jussie mais il nous faut la gérer au présent pour mieux la combattre au futur. Pour être mobilisateur d'énergies humaines, un problème doit être ressenti comme une menace imminente, dans son immédiateté. Sa connaissance fait appel à tous les savoirs disponibles, notamment les savoirs de terrain, qui s'interpellent les uns les autres et permettent de tisser le réseau nécessaire à une lutte efficace et concertée contre le fléau". Claude NAUD, Conseiller général, président de la CLE du SAGE Grand Lieu « Pour ces problèmes d’ordre collectif, il est nécessaire d’avoir des moyens collectifs. » Michel LACOUTURE, Directeur de l’UNIMA Autour de l'élevage en marais
Comme lors du premier Conseil des Marais, une question a été, à plusieurs reprises, abordée par les participants lors de cette deuxième rencontre à Machecoul : celle qui concerne l’élevage en marais. En effet, si les marais littoraux ont pu bénéficier des mesures agri-environnementales (OGAF et OLAE), tous les acteurs, et ils étaient plus de 140 ce jour là sont inquiets de l’absence de ligne financière explicite en faveur des marais et de la disparition des comités de pilotage locaux au profit de la seule instance départementale ; la CDOA. Du débat avec les participants au Conseil des marais, il ressort les conseils suivants : - Il semble nécessaire de mettre en œuvre, par grande unité de marais, une opération concertée de développement agricole et environnemental sous l’égide d’un comité de pilotage local, qui devrait directement être lié au Comité de pilotage de NATURA 2000. Ce comité de démocratie locale pourrait mettre en œuvre trois procédures :
- Pour la préservation des habitat et des espèces propres aux zones humides : une mesure agri-environnementale relevant du Règlement Européen de Développement Rural « type OLAE » ou « secteur à pression environnementale forte » avec un budget propre ciblé comme auparavant sur deux ou trois mesures aux impacts certains ; - Pour les aspects de valorisation et de développement économique : opérations collectives portant sur une diversification des activités et des productions et la nécessaire évolution des exploitations vers des productions de qualité promues par le “Label Natura 2000”. Le financement de ces opérations devrait être trouvé à la fois sur les fonds structurels de l’Objectif 2, mais aussi du FFCTE réaffectés sur la base de programmes territoriaux ; - Pour le volet aménagement du territoire, opérations collectives de restauration des réseaux hydrauliques et de restauration biologique en partenariat avec l’Etat (FGMN), les Agences de l’Eau, l’Europe (objectif 2) et les Collectivités territoriales. L’encadrement budgétaire proposé actuellement, de l’avis de l’ensemble des participants n’est pas suffisamment explicite en faveur des agriculteurs de marais et des terroirs « zones humides ». « Il faut que la désignation en Natura 2000 des marais littoraux soit un réel levier pour les exploitations agricoles » Thierry Groult, DDAF de la Vendée « Les agriculteurs des prairies humides des marais de l’ouest doivent se regrouper pour faire entendre leurs voix : pour le moment ils ne sont pas entendus comme ceux de la montagne. » François LERAT, DIREN Haute Normandie « Pour les marais, il y a nécessité de maintenir l’homme et l’élevage : les trois sont co-dépendants. L’élevage en marais ne pourra se maintenir qu’avec des droits à produire, une valorisation spécifique de la viande, un engraissement et une finition des animaux à partir de produits marais. Cette valorisation économique de l’élevage ne peut se faire sous la contrainte mais dans le cadre d’une approche globale et concertée intégrant aussi les dimensions de l’accueil touristique. » Bernard MORILLEAU, Elu de la Chambre d’agriculture de Loire-Atlantique Motion proposée par Joseph Gautier au nom des éleveurs du Marais Breton
« Après bientôt dix ans de contrat OGAF et OLAE, les agriculteurs des zones humides sont extrêmement inquiets pour remplacer les contrats OLAE se terminant pour les premiers, dès le printemps 2003. Nous demandons aux ministres concernés de revoir les textes actuels afin de prolonger pour une période de 10 ans les contrats d’environnement OLAE qui donnent aujourd’hui entière satisfaction, avec une nouvelle enveloppe budgétaire à répartir localement ainsi que le maintien des comités de pilotage locaux. En effet, un bilan sur dix ans permet d’évaluer la capacité, l’utilité et l’efficacité d’un comité à dimension locale. Sans reconduction, ces espaces humides très fragiles où la friche ou bien les cultures menacent de s’installer à nouveau comme dans les années 90.
De plus, l’entretien de ces zones est important, capital pour la qualité de l’eau.
En tout état de cause, les recommandations de nombreux sages, regroupant l’ensemble des acteurs de ce milieu, sont unanimes pour que les mesures existantes soient reconduites dans les plus brefs délais et que des actions concrètes soient mises en œuvre afin de sauvegarder et surtout redonner confiance aux acteurs de ces zones. »  |
Déclaration en faveur de l'élevage

|  | Le Forum des Marais Atlantiques avec l’aide des DDAF et des ADASEA a pu mettre à jour le tableau récapitulatif des opérations locales « marais » pour 16 départements :
- 12 grands secteurs de marais Manche-Atlantique ont bénéficié de 33 opérations locales sur la période de 1991-1999 (OGAF et OLAE) pour une surface globale de prairies contractualisées de 95 500 ha et un montant annuel engagé sur 5 ans de 65,7 MF soit 10 millions d’Euros. - 21 opérations ont pu être renouvelées sous OLAE avant décembre 99 pour une surface totale de 68 500 ha et un montant annuel engagé sur 5 ans de 49,4 MF soit 7,5 MEuros. - Actuellement seuls 19 300 ha de prairies bénéficient d’un contrat CTE. Dans une première approximation, il importerait de réserver une enveloppe spécifique pour 120 000 ha de prairies humides Manche-Atlantique avec un montant d’aide moyen de 170 euros à l’hectare soit un budget annuel minimun de 20,4 M Euros. Nous rappelons que la pérennisation des activités agricoles compatibles avec la préservation de ces espaces fragiles, d’une richesse patrimoniale, culturelle et biologique incontestable est compromise.
Compte tenu des échanges du Conseil des Marais et de l’urgence pour l’avenir de l’élevage en marais, le Comité syndical en sa réunion du 5 décembre 2002 a voté et diffusé une déclaration solennelle en faveur de l'élevage en marais
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Compte rendu des ateliers par famille d'acteurs

|  | L’après midi, consacré au travail par famille d’acteurs a été particulièrement apprécié et demande à être poursuivi. Pour ce premier essai, six groupes ont été rapidement constitués : - Elus : conseillers municipaux, maires, conseillers généraux et régionaux, députés, sénateurs, présidents d’EPCI ou de syndicat mixte - 10 personnes - Personnes qualifiées des collectivités locales - 18 personnes - Propriétaires et élus des syndicats de marais - 25 personnes - Agriculteurs et acteurs de la vie économique - 25 personnes - Promoteurs de nature et scientifiques - 21 personnes - Personnes qualifiées des services de l’Etat - 9 personnes
Ces groupes ont travaillé durant une heure trente autour de quatre questions identiques : comprendre, évaluer, anticiper, agir sur les marais atlantiques aujourd’hui. Ce temps de travail par famille d’acteurs a été particulièrement apprécié et demande à être poursuivi au cours de l’année. Atelier des élus
Eléments de synthèse formulés par Jean-Yves Grelaud (maire d’Olonnes) « Le marais a une place importante dans la vie de nos communes. Nous souhaitons faire revivre le marais et le transmettre vivants à nos petits enfants. Nous avons la mission d’intégrer tous les acteurs autour des questions de marais. Nous observons que l’Etat multiplie les procédures : cela est ressenti comme du mépris d’autant plus qu’elles se traduisent le plus souvent par un surcroît de contraintes. Nous souhaitons valoriser toutes les richesses de nos marais et viabiliser l’espace hydraulique. Il nous faut trouver des financements, supplémentaires à ceux des communes et du Conseil Général, pour l’entretien et la restauration. Mais ces financements doivent être respectueux des marges de liberté de ceux qui les reçoivent. » Quelques idées clés : « Privilégier la viabilité économique des habitants du marais » ; « Avoir une vision du tourisme plus large que le seul tourisme vert » ; Faire re-germer l’âme des marais ».
Ateliers des agents des collectivités territoriales
Echanges animés et rapportés par Gilbert Miossec Les marais et les zones humides sont construits, valorisés ou détruits par les hommes ; ils demeurent des fleurons en matière de biodiversité. Ce sont des zones où de nombreux conflits d’usages prennent place ; elles demandent donc des efforts de gestion concertée. Elles présentent un coût d’entretien élevé alors que les activités économiques sont fragiles et ont évolué de manière défavorable sous l’influence de la Politique Agricole Commune : moins d’agriculteurs présents et modèle agricole détruisant les prairies de marais. La demande est qu’une politique nationale en faveur des zones humides soit établie avec un financement en faveur de l’élevage et un financement en faveur des collectivités qui entretiennent le réseau hydraulique. Dans les marais, compte tenu du grand nombre d’acteurs, il importe d’associer tout le monde et travailler ensemble pour trouver des synergies efficaces. Il faut mettre en place des outils de coordinations comme les Systèmes d’Information Géographique.
Atelier
Echanges rapportés par Hubert de Grandmaison (président de l’Union des Marais Sud Loire) « Les syndicats de marais sont utiles à la gestion quotidienne des marais mais il serait bon d’enrichir la lisibilité des compétences et des champs d’action en dépoussiérant nos statuts. Il importe souvent de travailler à plusieurs syndicats de marais, sous forme d’Union, et de s’associer avec les collectivités locales au sein de syndicats mixtes. Mais il importe alors de bien informer tous ces partenaires des actions engagées. D’autant plus que les dossiers de travaux hydrauliques se complexifient et sont à intégrer dans les procédures SAGE et Natura 2000. Les réglementations actuelles (décrets, arrêtés,…) sont imposées et non établies en concertation ; elles manquent de vision globale. Nous craignons une sanctuarisation des marais avec une imposition de lois et d’arrêtés sans cohésion. Il nous importe que la propriété soit protégée et qu’elle permette des activités économiques qui respectent la nature. Nous souhaitons mieux communiquer, monter des projets communs et cohérents avec les élus. Nous souhaitons préserver nos fonctions de gestion. »
Atelier des agriculteurs et acteurs de la vie économique
Echanges rapportés par Edouard Boutet (éleveur) « L’activité économique est variable suivant les marais. Pour les marais salés, la production à Guérande est organisée, rentable et a une bonne emprise spatiale ; ce qui diffère de la situation des aquaculteurs du Médoc qui se sentent fragilisés par le non-entretien des marais qui les entourent. Partout, le nombre d’agriculteurs a diminué. Avant, les marais étaient très autonomes ; maintenant beaucoup relèvent soit de cadres réglementaires extérieurs (Europe, Etat) soit de processus collectifs (par le biais des financements croisés). La gestion de l’eau est une source de conflit : il nous faut des lieux qui permettent de les régler et de respecter les usages. La réglementation est vécue comme une contrainte floue qui ne réduit pas les contradictions entre domaine « eau salée » et domaine « eau douce » et laisse imprécis le fameux « vieux fonds – vieux bords ». Des mesures d’accompagnement sont nécessaires : il faut des aides appropriées qui permettent de bâtir un système économique qui prend en compte la pluri-activité, la fragilité du milieu, la qualité du patrimoine naturel. En tant qu’acteurs économiques, nous sommes partie prenante de la gestion des marais. Il importe de mettre en place des comités locaux pour développer une gestion partagée. Le Forum des Marais Atlantiques a réussi à nous réunir, nous sommes partants pour continuer à confronter nos idées et mieux se connaître entre marais. »
Atelier des promoteurs de nature
Echanges rapportés par Benoît Poitevin (Ecomusée des marais salants – Ars en Ré) « Deux grandes problématiques ont été évoquées : les paysages de marais et l’eau (avec la question du comblement naturel). Notre intérêt majeur est la biodiversité et, celle-ci ne peut se maintenir en absence d’élevage. Nous constatons un morcellement des lieux de décision et des divergences d’intérêt. Ce qui conduit souvent à perdre, en cours de route, la restauration et/ou la valorisation des intérêts biologiques des marais. Nous souhaitons la création de structures formelles ou informelles dans chaque bassin de marais qui puissent être capable de discuter d’objectif de gestion en commun. La concertation et l’information sont encore insuffisantes. Dans ces instances, il faut aussi associer des acteurs qui ne soient ni propriétaire, ni naturaliste et aller vers une démarche plus largement citoyenne. Le souhait est d’être efficace ensuite pour mobiliser les élus au sein des différentes assemblées exécutives. Un des enjeux est de mieux se servir des outils existants pour agir avec tous les acteurs. »
Atelier des agents de l'Etat
Echanges rapportés par Marie-Christine Brun (DIREN pays de la Loire) « Les marais sont des territoires que l’on peut nommer ; ils sont bien identifiés mais, paradoxalement, ils restent marginaux et peu représentés dans les instances nationales agricoles. Ce sont des espaces où, plus qu’ailleurs, les acteurs sont interdépendants des uns des autres. Les aides de la Politique Agricole Commune sont une mécanique bien trop puissante que les aléas des mesures agri-environnementales ne compensent pas (encore). De plus, vis à vis de l’Etat, les marais ne parlent pas à l’unisson pour défendre des lignes budgétaires spécifiques. Cependant, dans chaque marais, une vision plus unanime s’est construite avec les opérations locales agri-environnementales, et, dans certains marais avec les commissions des SAGE. Pour mobiliser les énergies, il semble nécessaire de créer une image médiatique positive des marais. »
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