 Troupeau maraichines |
En diminution depuis 20 ans, l’activité d’élevage reste avant tout la principale production susceptible de valoriser les prairies de marais tout en répondant aux objectifs environnementaux. Nous sommes en présence de milieux souvent remarquables, modelés et façonnés par l’homme et qui nécessitent une présence humaine pour les entretenir, maintenir leurs fonctionnalités et ainsi préserver la biodiversité faunistique, floristique et culturelle qui leur est reconnue. Pourtant, l’évolution de l’agriculture au cours des trente dernières années laisse apparaître des tendances lourdes : diminution importante du nombre des exploitations, âge des exploitants en augmentation, difficulté de reprise, spécialisation des systèmes, abandon des ateliers d’élevage au profit des productions végétales. Il est nécessaire de préciser que ces tendances répondent à des objectifs individuels de recherche d’efficacité et d’amélioration des conditions de travail ou du revenu.
Dans ce contexte, le maintien de l’activité d’élevage en prairies humides reste une préoccupation majeure. Les départs en retraite sont souvent suivis de l’arrêt total de l’exploitation et les crises successives (ESB[1] et autres EST[2]) n’ont pas, elles non plus, encouragé le maintien de cette activité. Depuis une dizaine d’années, l’occupation du sol en marais s’est néanmoins stabilisée. Parmi les facteurs ayant contribué à ce constat, on peut notamment citer la mise en place de la politique agricole commune (PAC) en 1992 - le système d’éligibilité aux aides PAC a réduit l’intérêt de mettre en culture certaines parcelles - et la contractualisation des mesures agri-environnementales sur les prairies de marais - les aides ont rendu l’exploitation des prairies plus attractive. Maintenir, voire augmenter les surfaces en herbe et conforter leur usage par des pratiques extensives, suppose de renforcer les conditions de viabilité de ces élevages. Garantir la viabilité des élevages, c’est proposer des solutions adaptées répondant à trois dimensions, technique, financière et sociale. La loi sur le développement des territoires ruraux votée au printemps 2005 inscrit dans le code de l’environnement que la préservation et la gestion durables des zones humides sont d’intérêt général. L’instauration d’une indemnité spécifique aux zones humides permettrait de concrétiser cet engagement .
[1] L’encéphalopathie spongiforme bovine ou « maladie de la vache folle » est une maladie fatale évolutive du système nerveux des bovins. Il s’agit d’une encéphalopathie spongiforme transmissible (EST)
[2] Les autres formes d'encéphalopathies spongiformes transmissibles sont la tremblante du mouton, l’encéphalopathie des cervidés et la maladie de Creutzfeld Jakob chez les humains.
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