 |  Marais de Brouage - Réserve Naturelle |
Les premières acquisitions au titre de l'environnement en marais ont concerné des sites littoraux et sont le fait d'associations de protection de la nature : marais salants du golfe du Morbihan en 1979, étangs en baie d'Audierne en 1985 par le SEPNB ; en Vendée, c'est l'action de Michel Brosselin au sein du communal de Saint-Denis-du-Payré dans le marais poitevin qui, dès 1974, devient la première réserve associative. Après la loi de protection de la nature de 1976, plusieurs zones humides d’Aquitaine (étang de Cousseau, étang Noir, courant d'Huchet) deviennent réserves naturelles nationales sans pour autant embrayer un processus d'acquisition foncière. Près de 30 ans plus tard, la procédure d'acquisition foncière en zones humides se poursuit au titre de la protection de la nature ; elle est mise en œuvre par de nombreuses structures. |
Richesse biologique des zones humides littorales
Le souci de préserver et de faire connaître la richesse biologique exceptionnelle des zones humides littorales est le socle des procédures d'acquisition au titre de l'environnement. Cette richesse biologique est reconnue par les différents inventaires ZNIEFF et ZICO et peut présenter des dégradations significatives tant sur le plan des espèces végétales (voir les travaux du botaniste nantais Pierre Dupont) qu'animales. Ce sont les ornithologues qui ont le plus précocement alerté les pouvoirs publics et l'opinion de la dégradation des populations d’oiseaux, notamment en marais, tant migrateurs que nicheurs. Ainsi, les premières acquisitions de marais et leur classement en réserve naturelle ont surtout été mises à profit pour renforcer les capacités d'accueil des oiseaux d'eau. Tout un savoir-faire s'est ainsi peu à peu constitué, permettant d'affiner l'efficacité des actions de génie écologique en faveur de telle ou telle espèce d'oiseaux. La quasi-totalité des zones humides littorales a été recensée au titre de ZPS et ZSC et est amenée à intégrer le réseau européen Natura 2000. Plusieurs DOCOB ont été établis en secteur de marais (marais Vernier, marais et baie de Somme, marais du Cotentin, marais Breton, marais Poitevin,…) et les premiers contrats signés. Ces inventaires et les procédures Natura 2000 sont suivis par les DIREN, le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable et le Muséum d'Histoire Naturelle. Au niveau national, le Conseil National de Protection de la Nature est saisi pour les procédures de classement en réserves naturelles. Les acquisitions ont toutes pour objectif de maintenir et/ou de restaurer la qualité biologique et le fonctionnement hydro-écologique des zones humides. Certains habitats et espèces peuvent être mis en avant dans les objectifs de préservation. Si les premières grandes mobilisations naturalistes l'ont été autour de l'avifaune migratrice des zones humides, aujourd'hui, d'autres espèces parmi les batraciens ou les poissons (l'anguille ou le brochet) peuvent faire l'objet de mesures spécifiques. La préservation des habitats prairiaux des zones humides littorales motive un grand nombre de procédures d'acquisitions foncières compte tenu de leur diminution quantitative (par labour) et qualitative (manque d'eau), même si aujourd'hui les retournements de prairies par labour sont beaucoup plus restreints.  Pression urbaine et pression du niveau de la mer
Sur le littoral, plus qu'ailleurs, la pression d'urbanisation est forte ; les zones humides n'y échappent pas. En secteur péri-urbain, les villes (Bayonne, La Rochelle, etc.) et les communautés urbaines (Nantes, Bordeaux, etc.) ont développé des programme d'acquisition et de restauration de zones humides. En secteur rural, ce sont plutôt les opérateurs tels que le Conservatoire du Littoral et les Conseils Généraux qui interviennent. L'évolution de la loi littoral, intégrée tardivement aux débats de la loi pour le développement des territoires ruraux, reste inquiétante pour les spécialistes. En janvier 2005, les sénateurs Gélard et Alduy, appuyés par plusieurs de leurs collègues, ont déposé un amendement (article 75 sexies) concernant la loi littoral qui a été discuté lors de la séance du 27 janvier 2005. Après un long débat, et contre l'avis du gouvernement, cet amendement a été accepté. Préservation des activités économiques favorables
 Marais de Voutron (LPO) - Marais de Rochefort |
Certaines activités économiques, et notamment l'élevage extensif en marais, la saliculture et la pousse en claires, rencontrent des difficultés techniques et financières. Or, ces activités sont garantes d'une grande majorité de la gestion des territoires de marais littoraux et contribuent à leur entretien et à la préservation de leurs qualités biologiques. De plus en plus, les opérateurs fonciers ont fait le choix délibéré de maintenir dans la sphère économique les différentes acquisitions de prairies, de marais salés et salants. Des partenariats spécifiques se sont développés avec les professionnels, les chambres d'agriculture et les sections conchylicoles. Les opérateurs fonciers tels la Ligue de Protection des Oiseaux ou le Conservatoire du Littoral se sont par ailleurs fortement impliqués pour mettre en place et défendre le maintien des mesures agri-environnementales. En 2000, le bilan des OLAE pour la façade Manche-Atlantique conduisait à 100 000 ha de prairies naturelles humides de marais sous contrat. Nous estimons que 150 000 ha pourraient être concernés dans le cadre d'un processus stabilisé avec une aide d'un montant annuel de base de 150 à 170 euros/ha, auquel pourraient venir s'ajouter des mesures plus spécifiques dans le cadre de contrats quinquennaux. Il convient d’y ajouter 3 000 ha de claires et 5 000 ha de marais salants qui devraient également bénéficier d'un contrat agri-environnemental de base. Ce soutien aux activités économiques valorisant le marais de manière écologique est tout à fait nécessaire pour remplir les objectifs de préservation écologique des zones humides littorales. En effet, compte tenu de l'importance des surfaces en jeu, l'acquisition et la gestion publique ne sont pas suffisante et ont terriblement besoin de l'implication économique des éleveurs, des sauniers et des ostréiculteurs en marais. Une mobilisation convergente des professionnels, des élus et des protecteurs de la nature s'est manifestée à plusieurs reprises pour obtenir cet indemnité stable en faveur des prairies naturelles humides de marais mises en valeur par l'élevage (voir notamment la déclaration en faveur de l'élevage diffusée par le Forum des Marais Atlantiques en janvier 2003 suite au conseil des Marais de novembre 2002).
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