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Descriptif du projet

  

Partenaires | Descriptif du projet | Les actions | Action du Forum des Marais Atlantiques | Approche spatiale pour le développement d’une gestion intégrée des marais salants - S. I. G. Marais Salés | La motion | Le sel marin gris de l'Atlantique (Guérande, Noirmoutier, île de Ré) reconnu produit alimentaire





Contexte et justification du projet




Le sel artisanal « marin-manuel-solaire » a joué au cours des siècles un rôle important dans l’identité  de l’Espace Littoral Atlantique. Il a donné naissance à une authentique « civilisation du sel », laquelle a contribué à fixer quelques collectivités originales. Ces sites ont développé d’importants échanges commerciaux avec les pays de l’Europe du Nord et de l’Amérique Latine  permettant au sel de l’atlantique d’être au XIXème siècle un produit recherché pour ses qualités spécifiques.
Pourtant depuis le milieu du XX siècle, l’activité salicole manuelle régresse (par exemple, la Baie de Cadiz ne compte actuellement plus qu’une seule saline traditionnelle contre 150 au début du siècle), voire a disparue (Réserve Naturel de Séné). Elle est  soumise  à de fortes pressions foncières et/ou concurrencée par une production industrielle (remblaiements, développement de l’aquaculture intensive, perturbations des réseaux hydrauliques par les infrastructures de transport, ...).
Conjointement à cette régression, c’est tout un patrimoine identitaire qui disparaît : biodiversité des marais, paysages façonnés par l’homme, savoir-faire (les producteurs en exercice sont peu nombreux et âgés). Le sel marin alimentaire est absent actuellement de la réglementation européenne.
 
Cependant  depuis les années 70 quelques initiatives isolées  permettent aux habitants des marais de valoriser ce patrimoine. Ce regain d’intérêt s’accélère dans les années 90 sous les effets conjoints de la consommation et des loisirs (recherche de produits de qualité liés au terroir, développement du tourisme rural), de la reconnaissance de l’intérêt environnemental de ces zones humides côtières (biodiversité, classification des zones en Parc Naturel - Cadiz, Séné, Castro Marim, … -, ou Natura 2000, et de la recherche - géographie, ethnologie, histoire, économie -).
Ainsi,  les sites comme Guérande, Ré, Noirmoutier (3 coopératives de producteurs de sel regroupées en Fédération, des saliculteurs indépendants, et des musées et écomusées sur chaque site) , Séné (réserve Naturelle), Les Canaries (recherche de production alternatives pour maintenir les marais salants), Castro Marim, Aveiro, Figueira da Foz, Cadiz, Alava  et Santa Lucía tentent d’encourager, par une expérience originale locale, des actions concertées entre les différents acteurs (associations naturalistes, producteurs, collectivités territoriales, universitaires, musées..), visant à restaurer, sauvegarder et promouvoir le patrimoine lié au sel.
Il n’existe pas de marais salants solaires au Royaume Uni, ni en Irlande ; le partenaire du Royaume Uni est associé sur les thématiques « environnement » et « SIG » en tant qu’expert et observateur externe (voir fiche partenaire).
 
Ce sont les acteurs de ces sites (4 sites en France, 3 sites en Espagne 4 sites au Portugal), qui ont décidé de mettre en commun leurs expériences dans le cadre de la priorité D  (prioritairement la mesure D1, avec un effet attendu relevant des mesures D2 et D3). Le projet proposé a également un lien avec la priorité C dans le sens où pour promouvoir l’identité de l’Espace Atlantique salicole, les partenaires se sont attachés à un élément clef de la promotion, « l’environnement », au travers la gestion durable des activités économiques et des ressources naturelles.
Cette priorité va aider les partenaires à développer les initiatives locales afin de promouvoir, dans un réseau européen, les différents aspects qui fondent l’identité commune de ces sites, à savoir : potentiel original de biodiversité (exemple de l’avocette), savoir-faire technique similaire, paysage, histoires.
Ils devront aussi identifier, au cours du projet, les pratiques communes qui permettront un renforcement à plus long terme des aspects environnementaux, socio-économiques et culturels, garant de la sauvegarde et de l’identité de cet espace.
 


Brève description du projet




Dans ce contexte, les partenaires du projet ont identifié les enjeux communs sur chaque site et/ou au niveau européen, pour ensuite définir les axes de travail prioritaires et enfin, préciser, en tenant compte des spécificités de chaque site et des missions de chacun, les activités concrètes à réaliser au sein de chaque axe.

 Les enjeux communs



La production de sel  avec des méthodes traditionnelles (marin, manuel, solaire) est associée à des paysages et à des valeurs culturelles, sociales, patrimoniales et environnementales générées tout au long de l’histoire.

Pour se réapproprier une identité forte de l’Espace Atlantique liée à cette histoire du sel, plusieurs freins sont à lever. Cela n’est possible que par des actions conjointes et concertées (et non plus isolées) visant à la récupération et à la valorisation du potentiel biologique, économique et culturel des marais. La dimension locale du  développement des sites n’est qu’une étape qui doit s’inscrire dans des échelles plus larges d’intégration d’autres espaces (marais des zones littorales atlantiques, Espace Atlantique, Europe) pour pouvoir se pérenniser.

 Les axes de travail prioritaires



Amélioration de l’intérêt biologique des sites : « veille et maintien de la biodiversité». Les marais salants sont un lieu important de biodiversité littorale ; certaines espèces d’oiseaux intimement liées à ce type d’habitat et aux baies et estuaires proches sont dans une situation préoccupante au niveau européen.
- La remise en état des marais et/ou leur exploitation peut contribuer au maintien de cette biodiversité à condition d’intégrer une démarche d’aménagement concerté entre producteurs et naturalistes. Les sites concernés par le projet sont en zones classées, ce qui renforce l’intérêt d’un développement intégré et durable compatible avec la méthode de récolte manuelle traditionnelle. 
- Organisation et structuration de la profession  / Reconnaissance et valorisation du sel marin/manuel produit sur les sites de l’Espace Atlantique. Il s’agit dans cet axe de mettre en place une série de mesures au niveau européen qui permettront la reconnaissance juridique de ce sel, le développement des différents sels produits, la définition de bases communes en vue de leur labellisation, l’évolution de leur potentiel de commercialisation. Pour définir et garantir au-delà du projet les caractéristiques du sel artisanal, le projet envisage de mettre en place des associations locales et une fédération européenne regroupant les producteurs artisanaux.
Dans cet axe il s’agit aussi de rechercher des alternatives économiques (exploitation de micro-algues et micro-organismes halophiles) permettant de maintenir le potentiel économique et de biodiversité des  marais salants.
- Fondation d’une culture de la saliculture traditionnelle du littoral atlantique/ Organisation de la transmission des savoir-faire. Il s’agit dans cet axe de recueillir auprès des saliculteurs âgés et/ou de leur famille les savoir-faire techniques et organisationnels afin de les transmettre auprès d’une nouvelle génération de saliculteurs et afin de créer les bases d’un outil pédagogique commun.
- Mise en valeur touristique des Marais Salants Traditionnels de l’Espace Atlantique. Le sel artisanal de l’atlantique doit être identifié  non seulement comme produit de haute qualité gastronomique, mais aussi comme vecteur d’une tradition, d’une culture et d’une histoire. Le projet, dans cet axe, vise à développer une offre touristique avec l’ensemble des sites et en lien avec leur contenu culturel typique (découverte des techniques traditionnelles de production, formation de guides, définition d’une route du sel atlantique, etc.), ainsi que la création d’infrastructures de base là où il n’y a aucune information concernant les marais salants locaux (Castro Marim, Leiria e Figueira da Foz), de manière à ce qu’ils s’intègrent dans la route du sel avec d’autres ayant ces infrastructures (Guérande, Ile de Ré)
- Approche spatiale pour le développement d’une gestion intégrée : il s’agit dans cet axe d’étudier et de préconiser un niveau d’intégration des marais salants comme paysage culturel dans les plans de gestion des marais. Pour cela il est nécessaire de doter les acteurs locaux d’outils de concertation et d’aide à la décision. Les partenaires ont choisi d’expérimenter deux types d’outils, l’un vise  l’amélioration de la gestion foncière et l’autre la définition d’un modèle commun d’outil centralisateur de l’information géographique. 
- Stratégie de communication et de diffusion en direction des différents publics cibles du projet. Si les zones de marais sont soumises à de nombreuses recherches, pour la plupart, ils sont souvent assimilés à des sites de faible valeur (vase, moustiques, ...). Leur intérêt écologique et économique est mal connu. Le projet prévoit dans cet axe de rassembler l’information et les résultats des actions (mise en place d’un centre de documentation avec support Cd et/ou vidéo), de confronter et de diffuser les résultats lors de groupes de travail élargis et lors de séminaires et/ou colloques (exemple : exposition itinérante lors du premier groupe de travail transnational). Il s’agit aussi de doter le projet d’un site interactif (page Web) comme support et mémoire des échanges. Le partenaire Eurosite offre aussi une possibilité de diffusion importante : information sur les dates et contenu de nos ateliers, diffusion  des rapports et des exemples de bonnes pratiques. Dans le cadre du projet on créera une base de donnés concernant les publications et les cartes des marais salants de l’Espace Atlantique disponibles.


Aspects innovants du projet




Les principaux aspects innovants du projet « SAL » peuvent se résumer dans les points suivants :
 
- Aborder la problématique d’un point de vue « intégré » et concentre son travail sur des axes clés prioritaires. Il propose des expérimentations et met en pratique les solutions de développement durable appliquées à l’ensemble des salines. Il permet pour le futur la définition commune de stratégies (maintien de la biodiversité, marché, partenariat, formation professionnelle et continue, culture et patrimoine, tourisme...).
 
- Faire connaître, en partenariat avec d’autres associations locales, l’importance des marais salants et de leur patrimoine là où cette connaissance est perdue (Leira) ou là où elle n’est plus considérée (Cadiz, Figueira da Foz, Aveiro).
Il propose d’aborder une série de mesures de reconnaissance juridique du sel qui actuellement n’existent pas ou existent de manière isolée et dissemblable dans chaque pays partenaires : charte de qualité, formation des saliculteurs, reconnaissance européenne, fédération des producteurs de sel marin manuel solaire.
 
- Les groupes de travail sont des groupes pluridisciplinaires et transnationaux associant producteurs, collectivités territoriales, chercheurs de différentes disciplines, partenaires publics et privés.
 
- Le projet pilote de « muséalisation » de la saline d’Añana (Alava),  est remarquable par son caractère innovateur puisqu'il essaye de rendre compatible l'éco-tourisme avec sa fonction productive primordiale comme est l'extraction de sel.  Il emploie une méthode basée sur la définition d’un plan directeur constitué d’apports multidisciplinaires (économie, archéologie, architecture, droit,...) avec l’appui d’un système d’information géographique. La méthodologie utilisée pourra être adaptée et utilisée par d’autres marais salants traditionnels de l’Espace Atlantique.
 
- Création d’une base graphique et conceptuelle commune pour la route du sel de l’Atlantique. 
 
- L’activité veille et maintien de la biodiversité utilise l’avocette comme indicateur des changements environnementaux, appliquant des critères de nombre, reproduction et alimentation développés par l’Université de Cadix qui permettront d’augmenter la biodiversité des marais salants.
 
- La recherche sur les productions alternatives (comme la culture de la micro algues Dunaliella salina pour obtenir le carotène naturel) est  une activité innovante (actuellement il existe une grand demande commerciale de ce caroténoïde) qui offre de nouvelles possibilités de développement et une nouvelle possibilité de maintenir la viabilité économique d’anciennes salines.
 
- Les produits issus des différentes activités (type cahier des charges techniques et/ou qualité, code de bonne conduite) valorisent des pratiques prenant en compte des critères Natura 2000.


Objectifs transnationaux





Pour travailler sur les axes prioritaires tels que les partenaires les ont définis en commun lors des réunions de travail transnational en octobre 2003, mars 2004 et juin 2004, le projet a besoin de mobiliser les compétences acquises par l’un ou l’autre des sites de l’Espace Atlantique. Les solutions à adopter doivent être une réponse issue de la coopération et de la mutualisation des expériences. C’est de cette mise en commun des différentes pratiques locales que vont naître les actions concrètes comme par exemple la définition d’un cahier des charges européen du sel caractéristique de l’Atlantique compatible avec les critères Natura 2000, la mise en place d’un réseau touristique type « route du sel de l’Atlantique », la définition d’une base commune de formation, etc.
 
L’approche « biodiversité » ne peut se faire au travers d’un seul site ; elle s’aborde au travers la capacité des acteurs à mutualiser leurs travaux sur l’ensemble des marais littoraux de l’Espace Atlantique comme, par exemple, le choix de bio-indicateurs et la définition d’une méthodologie commune appliquée à l’avocette qui fréquente les marais de l’Espace Atlantique à diverses périodes, et notamment lors de ses migrations 
 
La coopération des producteurs de sel marin manuel solaire de l’Espace Atlantique est une condition  pour l’obtention de la reconnaissance juridique européenne du sel marin récolté manuellement (alimentaire).
 
La constitution d’un ensemble de produits touristiques communs et un réseau des musées, écomusées et centres d’interprétation sur les marais salants traditionnels, aura pour conséquence la création d’une relation entre eux, ainsi qu'une identité commune qui renforcera la visibilité future et l’identification d’une ressource distincte liée au sel de l’Atlantique.
 
En fait pour chacun des axes prioritaires du projet, les partenaires considèrent que le travail transnational est, individuellement et collectivement, le levier indispensable au développement des modes traditionnels de production et de valorisation du sel ainsi qu’à la sauvegarde du patrimoine culturel et de l’environnement qui y sont liés.
 
D'autre part, la réalisation de projets pilotes permet d’obtenir une base expérimentale, de tester des technologies qui peuvent revaloriser les salines (culture de micro-algues  – ITC les Iles Canaries / Castro Marim) ou trouver des solutions aux problèmes d'érosion qui ont provoqué la perte de beaucoup de marais salant (prototype de l'Université d'Aveiro).

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